Drogues illicites au Luxembourg...

Drogues illicites au Luxembourg...

...la tendance est à la baisse

Le ministère de la Santé vient de dévoiler les résultats de son rapport national sur l’état du phénomène des drogues et des toxicomanies au G.-D. de Luxembourg (RELIS 2018), et les nouvelles sont plutôt encourageantes !

On observe au Grand-Duché de Luxembourg une tendance longitudinale à la baisse de l’usage à haut risque de drogues d’origine illicite. Sur base des données les plus récentes, on estime aujourd’hui que le nombre de personnes qui présentent ce type d’usage au Luxembourg se situe autour de 2.200, ce qui équivaut à un taux de prévalence de 5,8 usagers par 1.000 habitants âgés entre 15 et 64 ans. En l’an 2000, ce même taux équivalait à 9 usagers sur 1.000 habitants et figurait alors parmi les plus hauts au sein de l’Union Européenne.Une tendance à la baisse est également observée pour ce qui est de l’usage par injection dont le taux de prévalence est passé de 5,7/1.000 en 2009 à 3,8/1.000 en 2015. En effet, l’usage de drogues par inhalation gagne du terrain sur l’usage par injection.« Suite à un travail actif d’incitation à la réduction des risques, 54% des usagers des salles de consommation supervisée de drogues consomment entretemps par voie d’inhalation, ce qui constitue un mode de consommation à moindre risque, avec une réduction des surdoses et maladies infectieuses. », souligne le coordinateur national « Drogues » Dr Alain Origer.Autre constat : l’âge moyen des usagers visés témoigne d’une hausse de quelque 10 années au cours des derniers 12 ans et se situe actuellement vers 39 ans.Par ailleurs, selon les résultats de la dernière enquête nationale représentative (EHIS, 2016), l’ampleur de l’usage de drogues illicites au sein de la population générale du Luxembourg se situe en dessous des taux de prévalence moyens de l’UE et est généralement moins élevée que dans les pays voisins du Luxembourg, surtout en ce qui concerne leur usage récent.Bien que le cannabis demeure la drogue illicite la plus consommée parmi les jeunes de 13 à 18 ans, une baisse au niveau de l’usage-vie à partir du début du 21ième siècle a pu être observée au niveau national. Actuellement, il est estimé que 17,1% (22,6% en 2006) des jeunes âgés de 15 ans ont déjà consommé au moins une fois au cours de leur vie du cannabis (HBSC, 2014). Le taux de prévalence de l’usage récent (derniers 12 mois) de cannabis parmi ces mêmes jeunes a été stable entre 2010 et 2014 et la prévalence de l’usage actuel (derniers 30 jours) de cannabis a augmenté légèrement pendant la même période.

Demande de traitement et d’offres de réduction des risques en hausse

Le nombre d’usagers de drogues en traitement suit une tendance à la hausse, tout comme le nombre de contacts avec les structures d’aide et de réduction des risques nationales pour atteindre plus de 164.000 épisodes de contacts en 2017 (131.000 en 2014). Parallèlement, on note une augmentation continue du nombre de seringues stériles distribuées dans le cadre du programme national d'échange de seringues entre 2013 et 2017 (2013 : 190.257 ; 2017 : 437.946 seringues stériles distribuées). Le taux global de retour de seringues usées se situe actuellement à 92%.


Morbidité et mortalité associées à l’usage de drogues

Entre 2014 et 2016, on observait à l’échelle nationale une hausse des nouvelles infections VIH parmi les injecteurs de drogues, attribuable en partie à l’usage par injection accru de cocaïne dont la disponibilité a augmenté au cours des dernières années. Les données de 2017 laissaient entrevoir une première baisse du nombre d’injecteurs de drogues parmi les cas de nouvelles infections au VIH.Les données disponibles pour 2018 confirment cette baisse.Pour le ministre Étienne Schneider : « Si ces résultats sont encourageants, le développement de mesures complémentaires pour atteindre les usagers marginalisés, sans ou en perte de contact avec le réseau de soins, demeure un objectif prioritaire, également dans le contexte d’autres maladies transmissibles telles que les infections à l’hépatite C parmi les usagers de drogues. »Depuis le déploiement des plans d’action nationaux en matière de drogues et de toxicomanies, une tendance globale à la baisse des décès par surdosage s’observe au niveau national. Si en 2000, 26 victimes d’une surdose fatale ont dû être déplorées, ce nombre était de 8 personnes en 2017. Les données encore incomplètes pour 2018 pointent vers un nombre de victimes moins élevé encore qu’en 2017.

Source : http://sante.public.lu/fr/actualites/2019/02/rapport-relis-2018/index.html


Celine Budgen