Reconnaître et prévenir l’infarctus du myocarde

Reconnaître et prévenir l’infarctus du myocarde

Les maladies cardiovasculaires (MCV) sont dans le monde occidental le principal motif de consultation médicale ou d’hospitalisation ainsi que la première cause de décès.

Près de la moitié de ces affections pourraient être évitées ou différées par le dépistage et la prise en charge des facteurs de risque cardiovasculaire associé à l’adoption d’un mode de vie protecteur. Au stade ultime, ces maladies peuvent engendrer de redoutables complications notamment : l’infarctus du myocarde. En (re)connaitre les signes et y réagir rapidement peut vous sauver la vie.

Qu’est-ce qu’une crise cardiaque ?

L’infarctus du myocarde, communément appelé « crise cardiaque », survient suite à l’obstruction brutale d’une artère coronaire provoquée par un caillot sanguin. Ce dernier est secondaire à la rupture d’une plaque d’athérome. Il empêche l’oxygène d’arriver à une partie du muscle cardiaque. Sans intervention rapide pour déboucher l’artère, cette partie risque d’être détruite définitivement.

Les signes qui doivent vous alerter

Plus on intervient rapidement lors d’une crise cardiaque, plus on limite les dommages causés au cœur. Il est donc essentiel de reconnaitre les signes de l’infarctus et de réagir rapidement. 

Certains sont très évidents, comme :

  • Une douleur dans la poitrine plus ou moins intense et/ou une forte pression. Il peut aussi s’agir d’un simple inconfort dans la cage thoracique. La douleur est inexpliquée, se situe généralement au milieu de la poitrine mais peut irradier dans les bras, le haut du dos, la nuque, les joues ou l’estomac. 
  • Des difficultés à respirer. Ce symptôme est plus courant chez les femmes. Il se manifeste brusquement sans prévenir, mais surtout sans cause apparente. 
  • Une transpiration excessive de type sueurs froides qui apparaissent sans raison, et qui s’accompagnent d’une peau très moite et d’un visage très pâle.
  • Des vertiges ou des étourdissements.
  • Une fatigue soudaine et inhabituelle.

D’autres sont plus subtils comme : des réveils en sursaut avec un souffle court, inexplicable, un sentiment inhabituel d’anxiété, voire même des crises d’angoisse ou encore, une sensation d’indigestion ou des crampes d’estomac.

En cas de doute sur la présence de signes de souffrance du cœur, n’hésitez pas à consulter votre médecin généraliste. Cela pourrait vous sauver la vie.

Facteurs de risque cardiovasculaire et prévention

La maladie coronarienne n’est, la plupart du temps, pas une fatalité. Sa survenue est favorisée par certaines conditions bien connues, appelées facteurs de risques cardiovasculaire. Hormis l’âge, le sexe et le patrimoine génétique, il est en effet possible d’agir sur de nombreux facteurs de risque cardiovasculaire dit « modifiables » parce que l’on peut diminuer leur impact sur la santé de l’artère. Certains sont liés à une maladie comme le diabète et l’obésité, certains sont liés à notre mode de vie comme le tabac, la sédentarité, le stress. D’autres encore ont une origine mixte comme l’hypercholestérolémie et l’hypertension artérielle.

Il faut savoir que les facteurs de risque cardiovasculaire : 

  1. Jouent en équipe et que leurs effets se « potentialisent »: plus on a de facteurs de risque, plus le risque de faire un évènement cardiovasculaire est important.
  2. Que leur présence détermine ce que l’on appelle le profil de risque cardiovasculaire. Ce dernier est individuel et se catégorise en risque faible, majoré, important ou très important.

Faire évaluer son niveau de risque cardiovasculaire est donc de la plus haute importance car c’est ce qui va permettre de déterminer l’intensité des mesures de prévention à déployer et d’individualiser la prise en charge thérapeutique pour offrir une protection cardiovasculaire efficace. 

Parmi les facteurs protecteurs, on retrouve la pratique d’une activité physique régulière, une alimentation pauvre en sucres rapides, en graisses d’origine animale ainsi qu’en sel. L’apport d’anti-oxydants (que l’on retrouve entre autres, dans les fruits frais et les légumes) est également très efficace pour la santé des artères.

Il est ensuite intéressant d’éliminer les toxiques dont le plus puissant est sans aucun doute le tabac. Réduire un taux de cholestérol trop élevé est également un facteur protecteur de même que soigner son diabète.

Agir sur son stress et maintenir sa tension artérielle de repos sous 140/90 mmHg vont également ralentir le phénomène de l’athérosclérose.

Mesdames, prenez garde ! Les signes avant-coureurs de l’infarctus du myocarde sont souvent plus discrets, moins intenses chez la gente féminine. Ils sont facilement confondus avec des signes de stress ou encore d’angoisse comme des douleurs dans le dos ou dans la poitrine, des nausées, des vertiges…

Si vous ressentez les symptômes d’une crise cardiaque, composez immédiatement le 112. Chaque minute compte. En attendant les secours, arrêtez toute activité, reposez-vous en position assise ou couchée.

Le sport, meilleur allié de votre cœur

Ce qui protège le cœur et, de manière générale la santé des artères, est de pratiquer une activité physique hebdomadaire de 75 minutes d'activité d'intensité vigoureuse ou de 150 minutes d'activité modérée.

Cela équivaut pratiquement à 

  • de 10 000 pas par jour,
  • ou encore, 1000 calories dépensées en activité physique par semaine.

Les activités d’endurance semblent les plus bénéfiques en terme de protection cardiovasculaire. Toutefois, la pratique de séance de musculation en complément de ces activités d’endurance apporte un bénéfice intéressant. De manière générale, il est recommandé de fractionner son travail en alternant des périodes d’exercices avec des périodes de récupération.

Pratiquer une activité physique peut se révéler pour certains vraiment « difficile ». Cela demande une réelle motivation : donc, le premier critère dans le choix d’une activité est que celle-ci procure un réel plaisir. Le second est de rester dans sa zone de sécurité, elle aussi, individuelle. Dans ce contexte, il est toujours recommandé d’en parler à son médecin de famille ou de se faire conseiller par un professionnel de santé.

Auteur

Agnès Debugne, infirmière responsable de la consultation cardiologique au Centre Hospitalier de Luxembourg (CHL)

Source

Letz be healthy - Numéro de juillet

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