La schizophrénie, une maladie peu connue et stigmatisée

La schizophrénie, une maladie peu connue et stigmatisée

La schizophrénie est un trouble mental sévère qui touche environ une personne sur cent.

Cette prévalence est stable dans la plupart des populations humaines et cela nous permet d’estimer le nombre de personnes touchées au Luxembourg qui serait de l’ordre de 5000 à 6000 personnes. Elle apparaît généralement à la fin de l’adolescence (âge de déclenchement entre 18 et 25 ans) et frappe à part égale les hommes et les femmes. L’apparition de ce trouble relève d’un ensemble de facteurs notamment des facteurs génétiques et environnementaux.

Signes cliniques

La schizophrénie est caractérisée par une diversité des symptômes. C’est-à-dire que les symptômes sont assez variables d’une personne à l’autre et peuvent se modifier au cours du temps chez un même sujet.

Ils peuvent être classés en deux catégories :

  • Les symptômes positifs :

- Il s’agit essentiellement des éléments délirants que peut présenter le malade, c’est-à-dire des moments de perte de contact avec la réalité. Cela se traduit par des hallucinations surtout auditives et par de fausses interprétations par rapport à son environnement.

- On peut aussi repérer une forme de dissociation de l’esprit aussi appelée désorganisation et qui se traduit par des incohérences du langage, reflet de troubles du cours de la pensée.

  •  Les symptômes négatifs : 

Le trouble va entraîner plusieurs déficits chez la personne touchée. Ceci est lié à la perturbation du fonctionnement cérébral et va entraîner des perturbations cognitives diverses (trouble mnésique, trouble de l’attention, difficulté à initier et maintenir une action, perte de motivation…), des problèmes affectifs avec des variations d’humeur, des problèmes de gestion émotionnelles et des difficultés à ressentir ses propres émotions ou à comprendre celles des autres. L’ensemble de ces symptômes, malheureusement assez peu sensibles aux traitements médicamenteux disponibles rend les interactions sociales difficiles pour les malades, avec par exemple une impression de bizarrerie. Cela en fait une des raisons principales du handicap généré par le trouble.

Dans ce contexte, le diagnostic doit être posé le plus tôt possible pour pouvoir mettre en place un traitement. Un traitement précoce évitera les rechutes et permettra d’obtenir un pronostic satisfaisant chez beaucoup de patients.

Lors d’un épisode psychotique, les symptômes peuvent affecter la pensée, les émotions, les perceptions et le comportement.

The Wearable Tour : une expérience de psychose virtuelle

The Wearable Tour : une expérience de psychose virtuelle

Pour sensibiliser à la maladie et briser la stigmatisation, la firme pharmaceutique Janssen, en collaboration avec la D’Ligue, a organisé les 4 et 5 juillet derniers une simulation virtuelle d’un épisode psychotique. Les visiteurs ont pu ainsi expérimenter les symptômes typiques vécus par une personne atteinte de schizophrénie.

Le Wearable est un dispositif portable constitué d’un casque de réalité virtuelle qui permet de pénétrer le monde et les pensées d’un personnage fictif confronté à une crise de psychose. Cet outil de simulation est l’œuvre de l’artiste et chercheuse Jennifer Kanary. Lors de l’expérience, le sujet se livre temporairement à un récit cinématographique dans lequel la réalité est modifiée de telle sorte qu'elle devient similaire à la psychose. Il expérimente la désagrégation progressive de ses facultés d’orientation, de concentration et d’attention sous l’influence de la technologie numérique, qui lui fait entendre des voix et subir des phénomènes visuels. Le sujet perd ainsi le sens de la réalité, reçoit des ordres d’une voix, expérimente des difficultés à se mouvoir, à se concentrer, un collègue qui aimerait interagir avec lui paraîtra tout à coup démoniaque, il aperçoit des lumières étranges qui surgissent entre ses mains, et bien plus encore…

L'expérience dure environ 12 minutes et comprend plusieurs scènes et actes, dans lesquels huit personnages font partie d'une histoire évoluant vers un point culminant.

La simulation est interactive et multi-chemin ; des actions doivent être prises pour initier des aspects du récit cinématographique. Les capteurs d’un contrôleur de jeu Wii réagissent en effet en fonction des mouvements de la personne et des boutons pressés à des moments clés. Aucune expérience du Wearable n’est identique. Chacun la vit donc de manière unique !

The Wearable Tour : les participants ont apprécié !

Tous les participants ayant pris part à cette expérience de plateforme interactive surréaliste en parlent comme d’une expérience intense et inestimable :

  • « Cette expérience nous permettra d’aller davantage à la rencontre des patients souffrant de ces troubles et de les aider au mieux. »
  • « C’est vraiment une expérience incroyable. Je n’avais jamais pensé que cela serait si violent. Il faut tout mettre en œuvre pour le rendre davantage accessible aux soignants. Cela aura une valeur inestimable lors du traitement ! »
  • « La surstimulation est énorme. On perd sa concentration, le contact avec les autres. Si l’on doit vivre cela tous les jours… parfois, les patients me supplient : « Docteur, délivrez-moi. » Je comprends maintenant pourquoi. » G. Otte, médecin en chef du centre psychiatrique du Dr Guislain. »
  • « Quelle expérience unique et intense. Enormément enrichissante. Sentiments de contradictions, de chaos, de surcharge et pourtant aussi de confort, de créativité qui va influer, repli sur soi, etc. Une expérience qui restera encore longtemps gravée dans ma mémoire. »

Lien utile

Plus d’info sur : www.labyrinthpsychotica.org

Source de l'article

Letz be healthy - Numéro d'octobre

  • https://www.topsante.com
  • Firme pharmaceutique Janssen

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