Les chemins de la mémorisation réussie

Les chemins de la mémorisation réussie

Un rien pompeux et aguicheur, ce titre relève d’une problématique qui inquiète parents et enseignants.

Les équipes éducatives constatent en effet une réelle déficience à la simple mémorisation. Les parents font de plus en plus appel à des coachs scolaires ou inscrivent leurs enfants dans des stages de renforcement. Beaucoup d’écoles proposent aux élèves des cours d’aides tels : méthode de travail, mapping, renforcement,… Bref, et de manière humoristique, le cerveau de nos étudiants ressemblerait à une passoire ! Mais d’où vient ce problème ? De tout temps nous avons « étudié, mémorisé » sans que cela nous pose trop de soucis. Pourquoi, à ce jour, les enseignants s’inquiètent-ils de cette baisse de capacité à mémoriser ?

Comment fonctionne notre mémoire ?

Celle-ci s’élabore au centre du cerveau, dans une partie appelée « hippocampe » qui reçoit toutes les informations envoyées par les cinq sens. Les messages se propagent par l’intermédiaire des neurones, reliés entre eux par de minuscules points de contact, les synapses. L’influx passe grâce à des substances chimiques ou « neurotransmetteurs », qui transportent ainsi l’information d’un neurone à l’autre. Les informations sont traitées par « l’hippocampe » et redistribuées vers les différents lobes.

Concernant la mise en mémoire, il n’y a pas d’endroit physique de stockage. La mémorisation se concrétise par de nouvelles liaisons (trace mnésique) créées entre certains neurones, et par des modifications de ceux-ci (en taille et constitution biochimique). Imaginez une forêt vierge impénétrable (notre cerveau sans mémoire) dans laquelle les nouvelles liaisons ou traces mnésiques vont créer un nouvel itinéraire, un nouveau circuit reliant les neurones. C’est le chemin que prendra la matière à mémoriser. Or, il faut créer ces routes… et les entretenir.

Les trois étapes de la mémorisation

Premièrement, l’encodage, l’information est transmise à l’hippocampe qui va la traiter et l’envoyer vers le lobe spécialisé, c’est à ce moment que le chemin « trace mnésique » apparait. Plus l’encodage est précis, plus la trace mnésique est profonde et l’information bien enregistrée. Ensuite, le codage de l’information ou le stockage sur les circuits entre certains neurones. Il y a le stockage à court terme et à long terme. Enfin, le rappel ; inutile de mémoriser si on ne parvient pas à se rappeler ce que l’on a appris. D’où la nécessité d’avoir un codage élaboré.

La mémorisation se résume en la création de routes, de chemins permettant à l’information de véhiculer. Or, ces routes doivent être régulièrement entretenues. Dans le cas contraire, la forêt reprend le dessus. Pour bien entretenir ces chemins, il est nécessaire que l’étudiant consacre chaque jour un moment à la mémorisation. Exemple : une leçon vue en classe sera étudiée le jour même car les notions apprises durant le cours seront stockées dans la mémoire à court terme. Pour solliciter la mémoire à long terme, l’étudiant devra les étudier le soir-même. Par conséquent, si votre votre enfant vous dit : « je n’ai rien à faire pour demain », cela signifie qu’il mettra beaucoup plus de temps lorsqu’il devra se rappeler de la matière le moment voulu. Il est impératif  de mettre en mémoire le plus tôt possible et d’effectuer de temps en temps un rappel des matières en se questionnant.

Ces élèves qui ne savent pas ou plus mémoriser devront être amenés à construire une route par leurs propres moyens car il n’y a pas de solution miracle. Chacun à sa méthode, et notamment l’utilisation des intelligences multiples, décrites par Gardner, qui permet une « entrée » plus adaptée à l’élève.

 Ces intelligences multiples sont :

  • linguistique,
  • logico-mathématique,
  • spatiale,
  • intra-personnelle,
  • interpersonnelle,
  • musicale,
  • naturaliste.

Les freins à l’apprentissage

Il est un fait que l’utilisation, par les étudiants, des nouvelles technologies de communication ne favorise pas un apprentissage serein et « vole » une part du temps qui devrait être consacré à l’étude. Plus graves sont les jeux vidéo en ligne qui en plus de soustraire du temps accaparent ces connections neuronales. Ce temps volé correspond à des heures de sommeil en moins, et il n’est pas rare de voir des enfants de 12-13 ans épuisés le matin.

Or, dormir favorise, consolide, renforce les chemins ou traces mnésiques. Autrement dit, dormir aide à retenir les apprentissages de la journée. Le sommeil nettoie également notre cerveau. En effet, certaines cellules ont la capacité « d’élaguer » nos connexions synaptiques et les rendre ainsi plus fluides. Et ce uniquement durant le sommeil. Alors oui, les enfants ont des difficultés de mémorisation par manque de sommeil. Cela parait si simple, pourtant c’est un fait. L’intrusion massive des smartphones et jeux vidéo dans le quotidien des jeunes est, bien entendu, un facteur aussi important car ils perturbent leurs attentions. Impossible de s’en passer… Par contre, favoriser le sommeil et donner les clés pour une mémorisation réussie sont à notre portée.

Nos conseils pour réussir son blocus

Pour favoriser la mémorisation : 

  • mettre en mémoire le plus tôt possible (mémoire à long terme).
  • trier ce qu’on veut retenir, l’analyser, se le représenter mentalement.
  • organiser son information : établir un plan, structure de la leçon, les titres.
  • trouver des procédés mnémotechniques pour retenir des passages longs ou difficiles (ex : Où est donc Ornicar ? etc.)
  • s’exercer à faire revenir plusieurs fois l’information : réciter, se faire interroger, se poser des questions, s’entraîner à se souvenir (« renforcer le chemin dans la forêt »).
  • dormir, s’accorder des temps de pause durant son blocus, s’aérer (sport), s’hydrater, éviter les boissons énergisantes, manger équilibré.

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Letz be healthy - Numéro de mai

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