Pourquoi ne pas lui donner les clés du
plaisir d’apprendre et l’envie de s’épanouir à l’école ? Elise
Lebrun, psychologue – psychothérapeute, spécialisée dans le diagnostic et
l’accompagnement thérapeutique des enfants, adolescents et adultes surdoués vous
propose des conseils concrets pour agir efficacement.
Mon enfant est-il précoce ?
Un enfant précoce présente généralement plusieurs signes
caractéristiques (la liste est non exhaustive. Les signes ne doivent pas être
tous présents) :
- son intelligence est hors norme : le
cerveau d’un enfant HP fonctionne différemment. On observe une plus grande activité de ses connexions
neuronales, ce qui engendre une rapidité cognitive. Son mode de pensée est en
arborescence, d’une seule idée en jaillit plusieurs autres, et chacune d’entre
elles entraineront elles-mêmes de nouvelles idées. Ce mode de pensée est
différent de la pensée linéaire (une idée après l’autre).
- sa sensibilité émotionnelle est très développée,
ses émotions peuvent être très intenses, voire démesurées.
- il peut être très sensible aux stimuli
sensoriels, notamment aux bruits ambiants et aux odeurs.
- il possède une excellente
mémoire et une grande capacité d’observation, ce qui lui donne une rapidité
d’apprentissage. Mener plusieurs tâches de front n’est pas un souci pour lui.
- c’est un lecteur insatiable et il veut parfois
apprendre à lire avant l’âge de 6 ans. Cela lui procure un vocabulaire riche
mais aussi des questionnements existentiels ou métaphysiques. De ce fait, il
aime la compagnie d’adultes.
- il a souvent un esprit critique pertinent et est
souvent créatif et imaginatif.
- il
a tendance à questionner les règles et l’autorité non fondée.
Difficultés scolaires
Même si
certains s’en sortent très bien, les enfants précoces ne sont pas forcément
prédisposés à être des élèves brillants et épanouis à l’école. Certains d’entre eux ont des troubles qu'ils compensent ou
camouflent (pas toujours !) grâce à leur intelligence : troubles
de l’attention, dyscalculie, dyslexie… « Ces enfants ne seront pas les
premiers de classe, ils seront dans la moyenne, voire en échec scolaire. Il est
temps de mettre les idées préconçues de côté : les enfants HP ne sont pas
tous des Mozart ou des Einstein en puissance. », rappelle Elise Lebrun.
En raison de leur perfectionnisme et de leur grande lucidité,
les enfants précoces sont souvent enclins à un manque de confiance en eux et à
la peur de l’échec. Ils peuvent plus facilement souffrir de troubles
anxieux, de crises d’angoisses, de TOCS, etc, et ont tendance à se conformer à la manière dont on les perçoit (cancre, paresseux,
perturbateur, rêveur...). Ils peuvent aussi délaisser des matières qui ne les
intéressent pas. Souvent, les conséquences se font sentir dans le bulletin de
notes, au grand désarroi des parents.
Diagnostiquer son haut potentiel
La première chose à faire pour aider votre enfant surdoué,
c’est de le faire diagnostiquer. « Aussi petit soit-il, il doit pouvoir
comprendre sa différence et son mode de fonctionnement particulier (pensée en
arborescence, hypersensibilité, etc). Il est important de ne pas lui dire qu’il
est mieux que tout le monde. Le diagnostic de haut potentiel n’a pas pour but
de le catégoriser. Il lui permettra d’avoir plus confiance en lui et d’être
mieux dans sa peau. Votre enfant se sentira enfin reconnu dans sa différence et
ne devra plus chercher à rentrer dans la norme de la société. Il sera aussi
plus facile pour vous de comprendre ses réactions. », explique Elise
Lebrun.
Pour diagnostiquer un enfant précoce, il faut une analyse
détaillée et méticuleuse. Elise Lebrun commence d’abord par un entretien
clinique, et réalise ensuite un bilan cognitif complet qui repose sur :
- un test de QI, incluant les échelles de Weschler
(au nombre de 3, diffèrent selon l’âge). Sont considérés comme précoces les
enfants dont le quotient intellectuel est supérieur à 130 (ou 125 dans certains
pays). Ce test n’est toutefois pas une condition sine qua non pour déterminer
définitivement l’état de HP ou non de l’enfant ou l’adulte. « Un enfant peut
parfaitement sous-performer au test de
QI parce que le stress, une dépression ou des troubles de l’attention
l’empêchent d’exprimer tout son potentiel.
Dans ce cas, l'analyse clinique est primordiale pour ne pas passer à
côté d'un haut potentiel. », précise Elise Lebrun,
- une évaluation qualitative des sphères
émotionnelle, relationnelle et scolaire,
- d’autres questionnaires, notamment sur les
intelligences multiples et le QE (Quotient Emotionnel).
Même si les tests sont prévus pour être passés à partir d’un
très jeune âge, Elise Lebrun estime que c’est trop tôt. Selon elle, il vaut
mieux attendre que votre enfant ait l’âge de 7 ou 8 ans pour envisager la pose
d’un diagnostic afin qu’il puisse vraiment prendre conscience de l’enjeu.
Adapter sa scolarité
Ce n’est pas toujours
facile pour l’enfant à haut potentiel de s’adapter à l’environnement qui
l’entoure. Il n’est pas rare que sa différence entraîne des moqueries ou le
rejet des camarades de classe. Il essayera alorsde se mettre dans
la norme et d’inhiber ses capacités (intellectuelle, créative,…). Or, cette
attitude, qui peut avoir un effet destructeur, risque de se prolonger à l’adolescence, voire même à l’âge adulte. Elise
Lebrun souligne : « Ces enfants sont vraiment à risque de décrochage
scolaire, ils peuvent être mal dans leur peau, voire très malheureux. L’enseignant
aura un énorme rôle à jouer en nourrissant leur curiosité, en répondant à leur
haut niveau d’exigence, en les aidant à se sentir mieux et à s’intégrer plus
facilement en classe. »
Outre le saut de
classe, d’autres mesures pédagogiques peuvent être mises en place pour
éviter que votre enfant ne s’ennuie à l’école :
- enrichissement du programme et
diversification de la matière : poser des questions bonus, complexifier les
matières vues en classe, intégrer d’autres thèmes dans le cursus scolaire en
lien avec ses passions (l’espace, les dinosaures, l’histoire et la préhistoire,…),
proposer des activités pour l’occuper s’il a fini son travail avant les autres (Sudoku,
mots croisés, lecture, recherches sur Internet,…),
- tutorat (en veillant toutefois à ce que
cela ne soit pas toujours lui qui aide les autres),
- etc.
Consulter un psychologue compétent en la matière
Certaines
difficultés rencontrées par votre enfant pourront être abordées en
psychothérapie :
- Il n’a pas de copains : travailler
avec lui pour l’aider à trouver les qualités de ses copains de classe, lui
permettre de rencontrer d’autres enfants surdoués via des associations par
exemple, l’aider à développer son intelligence sociale, etc.
- Il fait des crises de colère : lui
apprendre à gérer ses émotions de manière plus socialement acceptable, comment
peut-il décharger sa colère autrement qu’en faisant une crise ?
- Il est déprimé et a envie de
mourir : entendre et essayer de comprendre sa souffrance puis l’aider à
trouver le positif, la richesse et toutes les potentialités qu’il a en lui et
autour de lui.
« L’aide
psychologique à apporter à l’enfant variera en fonction de ses difficultés
propres. Ils sont tous tellement différents qu’il n’y a pas une seule recette
miracle. De plus, certains enfants surdoués vont très bien et n’ont pas besoin
d’aide, ne l’oublions pas ! », précise Elise Lebrun.
A son cabinet, Elise Lebrun propose un diagnostic et un
accompagnement thérapeutique des enfants, adolescents et adultes à haut
potentiel (et de leur famille). Elle prend en charge tout type de difficulté
: difficultés scolaires, burn out, dépression, problèmes relationnels,
troubles du comportement, deuil, angoisses, troubles alimentaires, phobies,
TOCS, hyperactivité, etc. Les consultations psychologiques s’appuient sur des
thérapies familiales systémiques ou des techniques cognitives et
comportementales.
Elise Lebrun offre
aussi :
- des
groupes de paroles s’adressant aux enfants et adolescents surdoués,
- des
collaborations avec les écoles et les enseignants. Sur demande, elle organise
des formations à la prise en charge des enfants à haut potentiel,
- des
conférences sur le sujet et des supervisions de professionnels.
L’hérédité
est une composante majeure de la douance. Très
souvent, lorsque l’un des parents est surdoué, au moins un des enfants présentera
aussi les signes caractéristiques de précocité.
Elise
Lebrun
54,
Cité Bettenwiss
L-8479 Eischen
Luxembourg
+352 661 38 55 29
eliselebrun1@gmail.com
http://www.surdoue.lu
Source de l'article
Letz be healthy - Numéro de juin